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Hommage à Seyda Marieme Niass, la servante du Coran

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Seyda Marieme Niass fille du vénéré Cheikh al islam El hadji Ibrahim Niass (Baye Niass), est venue au monde un 24 décembre 1934.
Fondatrice du complexe scolaire Keur Sultan Ben Abdoul Aziz Al Saoud plus connu sous le nom de «Ecole Mariama Niass», Yaay Booy Seyda comme l’appellent affectueusement ses proches, est l’une des premières femmes au Sénégal à avoir instauré des «daaras» (écoles coraniques) et enseigné le saint Coran.
La vertueuse dame est acquise à la cause du saint Coran et des sciences islamiques dès le bas âge, suivant ainsi les pas de son valeureux et vénéré père Baye Niass. D’où son surnom «khaadimatul Qur’aane» ou la servante du Coran. Elle aura enseigné les saintes écritures à des milliers de personnes (Sénégalais et étrangers). Certains de ses élèves sont devenus des «imams» de grandes mosquées à travers le monde. D’autres continuent d’enseigner le Coran dans ses différents établissements scolaires et «daaras». Il sera difficile, voire impossible qu’une femme réussisse ce qu’elle a réalisé: un empire coranique qui s’agrandit suivant les époques et les générations.
Elle est la mère de Monsieur Ousmane Oumar Kane, professeur titulaire de Langues et Civilisations du Moyen Orient à l’université d’Harvard des États-Unis, et premier professeur titulaire de la chaire Islam et Sociétés Musulmanes Contemporaines, dans cette Université réputée.
Pour avoir côtoyée Seyda Marieme durant des années, je connais plusieurs qualités de cette dame, dont la sagesse, générosité, l’hospitalité, la rigueur, l’intégrité, le courage, le franc-parler, l’ouverture, le patriotisme, la piété etc. ; pour dire qu’elle est une valeur sure, une référence pour tout un pays, voire un continent.
En 1987, alors qu’elle était en voyage à Abou Dabi la capitale des Emirats arabes, elle a décliné l’importante et avantageuse offre de l’épouse du roi d’à l’époque Zayed ben Sultan Al Nahyane, Cheika Fatima. La reine, après avoir écouté le beau récital de Coran du très jeune Ali Harazim élève de Seyda Marieme, lui avait proposé de rester à Abou Dabi pour enseigner le Coran à des enfants qu’elle entrainait et éduquait. «Houbul watani minal imaan» (aimer sa patrie fait partie de la foi), avait poliment répondu Seyda Marime Niass à Cheika Fatima, synonyme d’un non. Elle avait préféré servir son pays. Elle est patriote.
Comme son illustre père qui a été un fervent défenseur de l’islam, Seyda Marieme Niass a voyagé dans plusieurs pays du monde et a reçu de nombreuses distinctions au niveau national et sur le pan international.
Pour nous qui n’avons pas vécu l’époque de Sokhna Diarra Bousso, Mame Faa Wade Wélé, Mame Astou Diankha etc., ces vertueuses dames qui ont mis au monde nos illustres hommes qui ont été des monuments de la religion islamique, nous pouvons nous contenter d’avoir Seyda Marieme Niass et nous réjouir de sa présence parmi nous. Prions Allah le Tout Puissant de la laisser encore longtemps sur terre.

Coumba Ndoffène DIOUF, journaliste